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Episode 7 : "quand je lui propose des activités, il ne veut pas le faire ou bien il ne va pas au bout… »

Episode 7  : "je suis un parent à la maison avec mon/mes enfant.s : quand je lui propose des activités, il ne veut pas le faire ou bien il ne va pas au bout… »

Depuis une semaine, les parents sont obligés d’endosser un rôle qui n’est pas le leur : « faire l’école à la maison ». Lorsque les enfants sont scolarisé, les parents reçoivent parfois des recommandations de la part des enseignants, mais, s’ils n’en reçoivent pas ou si les enfants ne sont pas en âge d’être scolarisés, se pose alors quand même une question : il faut « occuper » les enfants.

 

En réalité, ils ne sont pas tenus de se transformer en super pédagogues (voir épisode 2), mais s'ils reçoivent des mails des enseignants de leurs enfants ils se doivent alors d’appliquer ce qu’ils leur demandent. Selon les enseignants et selon l’âge des enfants, la charge de travail varie. Dans les extrêmes, certains enseignants remplissent la journée des enfants « comme s’ils étaient à l’école », même si les enfants ne sont qu’au CP par exemple, d’autres ont allégé à l’extrême ce travail.

Lorsque le planning est très chargé, les parents se retrouvent donc devant cette montagne d’exercices, de lectures, d’activités diverses et variées à « faire faire à leurs enfants », et si les enfants sont jeunes, ils se doivent de les accompagner à « bien faire leurs exercices », comme s’il s’agissait là de leurs propres devoirs lorsqu’ils avaient le même âge… et remontent alors tous les vécus anciens, les mauvais comme les bons, les situations anxiogènes, comme les situations heureuses,…

Sans compter que les parents ont leurs propres devoirs à réaliser au long des journées : être des parents 24h/24, s’occuper des tâches ménagères, supporter le poids de cet enfermement pour eux-même, satisfaire à leurs devoirs professionnels lorsqu’ils télé-travaillent, vivre leurs émotions et celles de leurs enfants,… la tâche est himalayenne !

Lorsque les enfants ont peu (ou pas) de travail scolaire, c’est tout autant compliquée car « il faut occuper les enfants ». Il faut leur trouver des activités, les organiser, faire avec ce qu’on a à la maison, visiter des sites de conseils de parents et découvrir que c’est « formidable chez les autres », voire même se culpabiliser de ne pas réussir à faire aussi bien…

Alors, pourquoi les enfants « ne veulent pas faire l’activité que je leur ai organisée / les devoirs qu’on doit faire / ne vont pas au bout / voire même « veulent toujours » faire les mêmes choses ?? ».

Que ferait un adulte à la place de l’enfant ? Comment réagirait un adulte à qui on dit :

  • « Bon, maintenant, tu cesses ce que tu es en train de faire et tu fais ton télé-travail »,
  • « Allez, maintenant tu vas arrêter de lire ton livre et tu vas t’occuper de moi »,
  • « c’est l’heure de faire les courses, mets la pause pour ta série, tu reprendras plus tard »,

 

Dans tous les cas, on pourrait répondre : « c’est différent, avec les enfants, au moment où on leur propose une activité ou leurs devoirs, ils ne font rien de spécial… », ou bien « ça va, hein, nous les adultes, nous faisons ça toute la journée, nous soumettre à leurs besoins, alors ils peuvent bien s’adapter aussi ! ». Les exemples sont extrêmes ?

Si nous sommes capables de penser ainsi, c’est que nous donnons aux enfants les mêmes pensées et besoins que nous, que nous nous permettons de les voir comme de « petits nous », alors qu’ils ne sont foncièrement pas du tout comme nous, et ce n’est pas une question d’âge ou d’expérience ! Ils sont en train de réaliser, en eux-même leur transformation, ils sont en train de vivre des expériences, ils sont portés par leur énergie créatrice, parfois en phase « hyper explosive », parfois en phase « de latence », tout leur être est en cours de construction. Nous ne pouvons pas comparer un enfant, même un adolescent, en cours de développement, avec un adulte.

Quand on le croit inactif, l’enfant est peut-être en plein travail intérieur, quand on pense qu’il s’ennuie c’est peut-être notre propre impression (« je ne me sens pas bien quand je ne fais rien, alors il ne doit pas être bien, puisqu’il ne fait rien… »), quand il bouge dans tous les sens, on a envie de le canaliser, alors qu’il a peut-être besoin de bouger, point.

Alors pourquoi ne va-t-il pas jusqu’au bout ?

  • Peut-être n’avait-il pas le besoin de faire cette activité ? (n’avez-vous pas envie de « tout envoyer balader » quand les devoirs -une activité que vous n’avez pas choisie, à priori, avec plaisir- se passent mal ?), 
  • Peut-être réalise-t-il.elle que cette activité est trop difficile et il.elle préfère « laisser tomber » (auriez-vous envie de continuer à lire avec le même intérêt, si subitement le contenu de ce texte évoquait le CAC40 et la Bourse internationale ?!) 
  • Peut-être réalise-t-il.elle que cette activité est trop aisée et il.elle se lasse car elle ne lui apporte rien ?

Pourquoi ne veut-il.elle pas le faire ?

N’est pas humain d’oser dire ce qu’on pense ?

L’adulte ne se permet pas d’avoir ce type d’attitude, c’est une question de règles culturelles, mais l’enfant n’a pas encore intégré ces règles, il ne sait pas qu’il est malvenu de s’opposer… Que sont ces périodes appelées « terrible two » ou « terrible three » ? Les parents les décrivent comme des moments où leurs enfants disent non toute la journée… des journées placées sous le signe de l’opposition perpétuelle… mais à ces âges, les enfants découvrent leurs grands pouvoirs comme celui du langage (« pouvoir dire ce mot -non- qui a un tel effet sur l’environnement !) ou celui de leur individualité (« dire non, c’est s’affirmer en tant qu’être humain, se différencier des parents »).

 

Que penser de cet enfant qui veut toujours faire les mêmes choses ? : (voir les éléments de réponses dans les épisodes précédents).

L’enfant a besoin de répéter, de recommencer, de tester à nouveau, d’expérimenter plusieurs fois car il est à la recherche des invariants, toutes ces petites choses qui restent stables et qui lui permettent de construire ses connaissances. Comment apprendre d’un environnement qui varierait sans cesse, d’un renseignement qui serait chaque jour différent ?

=> qu’est-ce que ça m’apporte, dans mon quotidien de parent confiné à la maison ?

  • Face à une liste de devoirs à faire sur la journée, ce peut être une bonne idée de laisser l’enfant choisir ce qu’il vaut faire, dans l’ordre où se porte son intérêt (« oui, mais s’il ne veut rien faire du tout ? » : l’enfant a peut-être besoin de comprendre quelle est la position de ses parents face à ces devoirs et ses parents doivent tenir le cadre -chacun pose le cadre qui lui convient, avec sa propre représentation du « scolaire », les horaires : les limites franchissables / infranchissables / négociables-),
  • Face à des activités disposées dans une pièce, ce peut-être intéressant de laisser choisir l’enfant, voire même de lui proposer « tiens, maintenant, c’est toi qui décide ce qu’on va faire »,
  • Dans tous les cas, il est indispensable d’avoir en tête que lorsqu’on propose quelque chose à un enfant, on ne sait pas quel « travail » il est en train de faire dans sa tête, quel « film » il regarde en lui, quelle formidable histoire il est en train de « lire » face à ce qu’il regarde,…
  • Enfin, un enfant qui se met à faire « tout à fait autre chose » est peut-être en train d’amener un élément variant dans le but d’alerter le parent et l’amener à se poser une question ?

 

Prochain épisode : "je suis un parent à la maison avec mon/mes enfant.s : pourquoi le petit est-il tout le temps en train de faire des bêtises/caprices … »  ?

lien vers l'épisode en pdf : Episode 7 parents confinementEpisode 7 parents confinement (57.71 Ko)

mise à jour au 21 septembre 2020 :

 

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